Amour Chance & Beauté – S01 E07

* précédemment, dans « Amour Chance & Beauté » *

— Cette chaise est vraiment très inconfortable ! Et tous ces fils électriques qui pendent, non mais franchement, c’est ni fait ni à faire ! Regardez-moi tous ces fils, John ! C’est d’un moche !
— Sans compter que c’est sûrement très dangereux, tous ces fils électriques ! Aviez-vous remarqué Samantha, que certains d’entre eux sont directement reliés à votre couvre-chef ?
— Oui, j’avais remarqué ! D’ailleurs, ce couvre-chef, parlons-en ! Il est en métal, ça me fait un mal de chien !
— Je suis désolé Samantha, de tout ce qui vous arrive, vraiment.
— Ne culpabilisez pas tant, John. Cette histoire de pain aurait très bien pu marcher, si le magasin ne vous avait pas vendu de la farine bio infestée de larves de mites de placard !
— De toute façon, même si vous aviez réussi à faire votre pain Samantha, vous étiez loin d’être sortie d’affaire : la quincaillerie a mis la clé sous la porte, je n’ai jamais pu trouver une lime, je suis désolé Samantha.
— Ne pleurez pas John : regardez, moi, je ne pleure pas, je ne suis pas triste. Et vous savez pourquoi John ?
— Parce que vous allez bientôt retrouver votre vieille grande tante sourde et muette et aveugle ?
— Ah oui, tiens : je l’avais complètement oubliée celle-ci ! Je vais surtout retrouver ma très chère vieille poêle à pancakes, celle qui a péri dans le terrible incendie de la basilique.
— Vous pensez qu’elle va vous reconnaître ?
— Vous savez John, quand je serre une queue comme j’ai serré la sienne, on ne m’oublie pas facilement !
— Oui, c’est vrai Samantha, je peux le confirmer.
— Tiens, c’est marrant, mais il me suffit de parler de la queue de ma poêle pour que je remarque qu’encore une fois, vous avez apporté votre propre poêle !
— Samantha, vous n’allez pas recommencer avec cette histoire de poêle !
— John, ne vous électrisez pas ainsi ! Ne pensez-vous pas qu’il n’est plus temps de nous chamailler ?
— Oui, vous avez raison, Samantha. Pardonnez-moi. Et pardonnez-moi aussi de n’avoir toujours pas rangé le beurre dans le frigidaire.
— Oh ! vous savez John, le moment n’est plus au respect de la chaîne du froid. Le temps est au pardon. Alors, je vous pardonne John, de n’avoir toujours pas rangé le beurre dans le frigidaire.
— Quelle belle âme vous êtes, ma chère Samantha ! Je vais vous regretter, vous, vos pancakes et votre robe rouge à paillette qui met si bien en valeur votre forte poitrine, votre taille fine et souple, vos hanches rondes et vos belles fesses aux formes harmonieuses.
— Merci John. Et merci également de me l’avoir apportée, cette fameuse robe.
— Elle vous va si bien, Samantha ! Je la trouve très électrique !
— À ce propos, m’avez-vous apporté autre chose, John ?
— J’avais pensé tout d’abord à vous apporter un peu de mon sirop d’érable, mais puisque vous ne pouvez plus faire de pancakes…
— Ne retournez pas le couteau dans la plaie, John !
— Oui, vous avez raison.
— Alors ?
— Alors, j’ai pensé que, comme dernière volonté, vous souhaiteriez gratter !
— Gratter ? Mais comment ça, John ?
— Oui Samantha, gratter ! Gratter !
— John, m’enfin, vous n’y pensez pas ? Moi ? Gratter ?
— Oui, vous Samantha, je sais que vous le pouvez !

* à suivre *


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photo de la couverture © Ajeet Mestry

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