L’Aimant

résumé de l’auteur

Elle, c’est la fille. La fille de la mère, la fille de sa mère.
La mère, c’est elle aussi, c’est la mère de la fille.
Lui, c’est le frère. Le petit. Le petit frère. Le garçon d’elle. Elle, la mère.

Eux, c’est la famille. Les français. Les colons pauvres de l’Indochine.

Lui, l’autre lui, c’est l’homme. Le bel homme. L’homme d’ici.
Elle, elle aime lui. Elle lui dit à lui. Lui, il lui dit aussi à elle qu’il l’aime.
Elle l’entend.

Elle le regarde lui ; lui et son costume blanc, aussi blanc que les voiles rouges des jonques sur le fleuve.

Le fleuve, c’est de l’eau, rien que de l’eau, de l’eau de pluie, de l’eau de là-haut.
Le fleuve, c’est le Mékong, violent, violet, violé, Voltarène ® ; il menace la maison de la famille.
La maison, elle résiste, comme un barrage contre le Pacifique.

Le petit frère est mort. Le pays est mort.
Le pays mort la retient ; l’homme d’ici aussi, comme un aimant.

Mais l’autre pays attend la fille ; c’est le bateau qui l’éloigne.

Maintenant la fille est vieille : c’est une vieille fille.
Lui, le beau lui, est vieux aussi : c’est un vieux beau.

Lui de là-bas est ici à Paris. Allô ?