Raccrocher la Lune

Ça, c’est tout moi, ça : volontaire, décidée, audacieuse… Il m’a suffi d’entendre : « Un ou une pour… ? », j’ai levé la main et j’ai dit : « Moi ! ». Ils ont dit : « Vous ? » ; j’ai répondu : « Oui, moi ! ». « Vous ? », ont-ils encore demandé ; j’ai dit : « Oui, moi, je suis volontaire ! ».

Alors, ils m’ont tendu le harpon, avec une longue, une très longue corde. J’ai demandé : « Je fais quoi, moi, maintenant ? ». Ils m’ont répondu : « Faut viser la Lune ! ». « D’accord, je vais essayer, je vous le promets. », j’ai dit. « Mais je ne vous promets rien d’autre. Déjà, je vous promets la Lune… ».

J’ai visé, j’ai tiré, j’ai harponné. « Bravo ! », se sont-ils écriés. « Vous avez décroché le pompon ! », alors que moi, je pensais juste que j’avais décroché la Lune.

Je l’ai descendue sur Terre et je l’ai posée dans le fond de mon jardin, face cachée contre terre. Depuis, dans le quartier, chaque nuit de pleine lune, il fait jour comme en plein jour ; ça n’est pas du tout du goût de mes voisins !

Alors, si parmi vous, il y a des volontaires et des audacieux, qu’ils lèvent la main et qu’ils me rejoignent, avec de grandes échelles, de très grandes échelles.

Parce qu’il va bien falloir la raccrocher ! Vous savez, avec ce satellite sur ma pelouse, j’ai l’air fin moi, maintenant… Enfin, j’ai l’air fin… J’ai l’air con… comme la Lune !

© 2016 Sara Afonso – Tous Droits Réservés